IT'S NOT ONLY ROCK'N'ROLL BABY ! Dans l'urgence d'un festival à Bruxelles, cette expo, qui ne représente aucun mouvement artistique mais rassemble une série d'individualités qui envisage l'art et la musique comme un tout, m'a comblée. C'est une immersion dans le monde de ceux dont on connaît la voix mais pas le regard. Les clichés en noir et blanc de Patti Smith offre un regard universel sur les instants simples, dépassant les frontières géographiques et même spirituelles. Les peintures de Sigùr Ros, aux corps suspendus, aux couleurs intemporelles, semble en étroit parallélisme avec leur musique: hypnotique, planante, indescriptible parfois. Les croquis de Devendra Banhart, la nouvelle vague hippie, s'alimentent de l'homme, de la nature et de l'animal dans un style au bic et encre totalement abstrait. Des formes qui se composent ou se décomposent, il semble s'être laissé guidé par les flux de son esprit ou se son moral. Le résultat est faussement naïf et très personnel. Une immense fresque de Miss Kittin, la déesse du dancefloor underground, rempli un mur de gribouillage organisé, noir sur blanc, façon bande dessinée, rigolote et trash. Une des plus fascinante est la salle de Bianca Casady, Coco, la moitié de Cocorosie. Un monde morbide et coloré, entre naïveté et réalisme. La croyance se mêle à l'érotisme cru, Jésus se recouvre de paillettes et de peinture fluo et devient presque diabolique. C'est grinçant, dérangeant, et pourtant tout semble paisible, comme si le juste équilibre était trouvé. Les questionnements de l'enfance et les réalités d'adultes se complètent ou s'annulent. A observer ce bric-à-brac de collages, ce chaos de pensées, Bianca semble bouleverser sans tabous un monde trop rangé et trop sectaire. Pete Doherty, celui qui fait tant parler de lui dans la presse, rend ses croquis et peintures impressionnantes par le simple fait que la matière brune sur la toile est son propre sang. Des seringues sont piquées dans la toile, non sans l'intention de choquer, et ça marche. Pete Doherty embarque le spectateur dans son monde contrarié et interrogateur, dans son inspiration la plus intimiste. Il y avait aussi Fisherspooner, enfermant le visiteur entre quatre murs où les projections vidéos et la musique rentre dans le domaine du psychédélique, The Kills, collant un patchwork de polaroïds sur le mur, the Residents, Brian Eno, David Byrne, Laurie Anderson, Alan Vega ...et j'en oublie.
Suivront d'autres artistes dont le travail est tout aussi intéressant. Ils peignent, dessinent, esquissent, collent, superposent, photographient, filment, se questionnent. On observe l'étonnante relation entre le papier et la création sonore, presque mythique, ne sachant plus bien quel procédé à inspiré l'autre.
Globalement, on aime ou on aime pas, certaines de leurs oeuvres pouraient paraître stupides, sans grâce, sans intérêt, mais dès lors que l'on connaît leur musique et leur succés, une certaine légitimité leur est offerte, celle qui découle de leur personnalité, non criticable.
Ça se passait à Bruxelles ce mois-ci...
Photo de Joy - Devant le Palais des BOZAR